Un peu d’histoire avec le CSTC

Découvrez un extrait du livre « PASSIONS DE CONSTRUIRE – Construire pour 9 milliards d’humains » avec des explications passionnantes concernant les revêtements de sol en bois. Il s’agit d’une publication du Centre Scientifique des Techniques de Construction (CSTC) par Carlo De Pauw en Janvier 2011.

Les revêtements de sol en bois

Nos ancêtres utilisaient déjà le bois afin d’isoler le sol de leur logis du gel, de la boue ou de la vermine. A cette époque, les planches ne constituaient pas un véritable mode d’habillage; elles servaient essentiellement à se protéger du froid et de l’humidité.

On parlait ainsi de plancher et non de parquet, ce dernier se composant de planches imbriquées les unes dans les autres au lieu d’être simplement juxtaposées. Au cours des siècles, la signification du mot « parquet » s’est modifiée et a évolué. A l’origine, c’est un diminutif de « parc », pris dans le sens de barrière ou de clôture enveloppant un espace déterminé. Puis, le mot est utilisé pour désigner l’espace délimité par les sièges des juges et par le barreau où se tiennent les avocats. Ce n’est qu’au début du XVIIème siècle que le vocable prend sa signification définitive et désigne ce revêtement de sol sous forme de planches épaisses rainurées qui, une fois mises en place et stabilisées, étaient raclées manuellement par des raboteurs de parquet.

Au Moyen Age, dans les pièces où les habitants vivent avec leurs animaux familiers, ainsi que dans les grandes salles des châteaux, les sols doivent pouvoir être lavés à grande eau. Les parquets en bois sont ainsi réservés essentiellementaux estrades ou marchepieds, placés sous les chaises d’honneur, marques de rang social, ou encore sous les lits, voire sous les sièges et les tables de festin.

Dès la Renaissance, le parquet remplace peu à peu les revêtements de sol comme le carrelage, le marbre, la pierre et la terre cuite. Le bois devient ainsi un matériau de choix comme revêtement de sol en raison des grands avantages qu’il présente pour les nobles et les nantis. D’une plus grande disponibilité que d’autres matériaux tel le marbre, par exemple, il offrait de multiples possibilités de décoration, tout en apportant un confort thermique et acoustique supérieur à la pierre.

Au XVème siècle, la mode du parquet gagne les palais et les châteaux d’Europe, de Russie et du Japon. A cette époque, la fabrication et la pose sont déjà soumises à des règles précises. Les lames de bois étaient assemblées en panneauxde trois pieds carrés (0,972 mètre) juxtaposés en diagonale ou parallèlement aux murs. Plusieurs types de panneaux étaient ainsi disponibles selon l’effet recherché. Les plus célèbres sont le panneau Versailles avec son élégante composition de carrés enchâssés dans un quadrillage de lames, et le panneau Chantilly aux carrés entourés de ceintures rectangulaires. Afin de faciliter la conception de ces panneaux, chacun des éléments les constituant recevait un nom particulier correspondant à son emplacement.

Au cours du temps, le panneau traditionnel va devenir de plus en plus complexe: on entre dans l’ère de la marqueterie. Le chêne utilisé seul auparavant est combiné avec des bois fruitiers ou exotiques, des incrustations d’ivoire, de nacre ou de cuivre. Progressivement, ces panneaux marquetés ne sont plus seulement réservés aux châteaux, mais apparaissent également dans les lieux publics. A lafin du XVIIème siècle, le parquet devient l’objet d’un véritable engouement, mais reste un luxe difficilement abordable.

Avec l’industrialisation se développe le parquet assemblé, un moyen plus simple et moins coûteux de créer un revêtement de sol en bois. On se fixe également des normes; jusque-là, les menuisiers confectionnent des planches de 14, 27 et 30 mm d’épaisseur et les ajustent sur place. En 1906, le bouvetage (assemblage par rainure et languette) et le parquet en chêne en particulier sont normalisés: l’épaisseur réelle du bois usiné ne dépasse plus 24 mm, la rainure et la languettesont fixées à 7 mm pour pouvoir assembler et clouer les lames sans les casser.

Après avoir simplifié la composition des dessins du parquet, on chercha à en diminuer l’épaisseur. Ce fut l’arrivée du parquet-mosaïque, composé généralement de cinq lamelles de 24 mm de longueur et de 8 mm d’épaisseur permettant d’obtenir un carré de 12 cm de côté. Ce nouveau type de parquet autorise une multitude de motifs décoratifs et a l’avantage de se coller au support, contrairement au parquet massif qui se posait par clouage. Cette technique constitue une véritable innovation à l’époque.

Toujours dans l’optique de réduire les frais de production, une nouvelle technique de fabrication apparaît: le parquet contrecollé. La lame de parquet n’est plus en bois massif, seule la couche d’usure en parement est en bois noble. Malgré des débuts difficiles, le parquet contrecollé séduit le grand public en raison de son moindre coût et de sa facilité de mise en oeuvre.

Les développements se succèdent à un rythme soutenu au cours des dernières années. Le parquet contrecollé apparaît en même temps que se diversifient les modes de pose (pose flottante, par exemple), les produits de collage (colle en dispersion, colle polyuréthanne), la nature des supports (chape à l’anhydrite, système de chauffage par le sol) et la nature du matériau en soi (parquet stratifié, notamment) Plusieurs Notes d’information technique témoignent de ces changements.

Avec le regain d’intérêt pour le parquet, compte tenu de sa valeur écologique et naturelle, les ingénieurs des Avis techniques du CSTC ne cessent d’être sollicités pour des désordres observés sur ces revêtements. La réduction des délais d’exécution, l’augmentation de la largeur des lames et l’inadéquation des conditions de pose y sont souvent pour beaucoup. C’est là pourtant que la compétence et le savoir-faire de l’homme de métier prennent tout leur sens. »